J’ai terminé mon travail de modélisation de mon antenne Yagi-Uda et je le présente ici. Mais tout d’abord, la question que l’on pourrait objecter est : Mais qu’est-ce qu’elle a de plus que les autres, cette n-ième antenne ?
Rien, c’est juste que c’est mon antenne, ma modélisation, ma version du –truc– :) J’aime bien entreprendre ce genre d’étude et de démarche, et j’ai beaucoup appris au cours de ce travail intéressant. En restant réaliste, je pense que c’est une configuration intéressante mais que cela reste une nouvelle configuration (dans le sens jeune) et il n’y a donc pas le recul que l’on pourrait avoir avec des antennes éprouvées comme la DJ9BV ou la DL6WU. En effet, on trouve dans la littérature beaucoup d’articles et d’études sur ces antennes et leurs fiabilités ont été démontré de part une large utilisation.
Par ailleurs, les optimisations sur mon antenne ont une portée réduite. Les bénéfices seraient réellement intéressants pour des fréquences supérieur au gigahertz dans le cadre de communications terre vers espace, YU1AW ayant démontré [ref] que la réduction des lobes parasites était négligeable devant le niveau de bruit reçu par l’antenne pour des communications VHF.
Avant d’aborder les performances de l’antenne, je dirais quelques mots sur la petite histoire liée à cette modélisation. Le début de mon intérêt pour le radio-amateurisme est passé par la réalisation d’une antenne Yagi Wifi (2.4 GHz). Je n’y connaissais absolument rien aux antennes ni aux lignes de transmission. J’ai alors entrepris quelques recherches sur Internet. Aussi, en bon scientifique, cela m’a un peu agacé de trouver des exemples d’antennes avec des dimensions pré-calculées, mais sans aucune formule pour expliquer ces dimensionnements… Bien sur, il n’y a pas de formule unique, et c’est peut-être pour cela qu’il y a autant d’antennes Yagi :) Mais moi, je me suis mis en tête de trouver cette fameuse formule, histoire que ma construction repose sur une réalité scientifique. En regardant les antennes Yagi-Uda, ou plutôt en regardant l’écart entre les éléments et la taille des éléments, on reconnaît facilement une forme logarithmique. J’ai donc commencé ma modélisation avec une formule du type y=a.ln(n) pour l’espacement entre les éléments, et y=a.ln(n)+b pour la taille des éléments. N’ayant pas trop envie d’aller chatouiller les équations de Maxwell, je me suis orienté vers l’optimisation par la simulation itérative. J’ai utilisé 4nec2 et j’ai obtenu un résultat intéressant. Mais ce résultat était en delà des performances affichées par ces antennes pré-calculées. J’ai donc opté pour une formule du type y=a.ln(n)+b pour les deux cas. Et là bingo, les résultats étaient excellents. Il ne restait plus qu’à ajouter un réflecteur à part, car lui n’a pas le même rôle fonctionnel. Voila pour la petite explication concernant cette modélisation et le modèle paramétrique 4nec2.
Le modèle a beau être élégant, cela ne change rien au fait qu’il n’existe pas d’antenne idéale. Tout dépend de ce que l’on cherche. C’est un peu comme un drap, lorsque l’on tire d’un coté, il en manque de l’autre. Pour ma part, j’ai cherché à disposer d’une antenne ayant des lobes parasites raisonnablement faibles au détriment d’un peu de gain (avant), une impédance d’alimentation de 50 ohms et aucune composante réactive. La dessus, je souhaitais une antenne avec un Q pas trop élevé, car les antennes à coefficient de qualité très élevé sont plus sensibles aux masses environnantes (structures, câbles). L’objectif a été atteint, du moins sur la papier :) Les simulateurs 4nec2 et Feko donnent exactement les mêmes résultats. Reste tout de même à construire l’antenne et à la tester.
Venons en à présent aux résultats calculés par les simulateurs. Voici le diagramme 3D du rayonnement de l’antenne :
Représentation 3D du diagramme de rayonnement de l’antenne
Et voici les diagrammes usuels qualitatifs et quantitatifs (Farfield horizontal, vertical, abaque de Smith, SWR) :
Diagramme de rayonnement pour les deux plans horizontaux et verticaux
VSWR de l’antenne centré sur 144.5 MHz
Abaque de Smith, pour les fréquence 144 (en bas du graph) jusqu’à 146 MHz
Pour ceux qui aiment analyser les graphiques, voici les résultats détaillés les simulations de 4nec2 :
Mon antenne utilise un trombone (dipôle replié) comme élément rayonnant. Initialement, je travaillais sur un modèle avec un dipôle comme élément rayonnant, et une fois les coefficients a et b (dans le ficher 4nec: Pa, Pb ainsi que Sa Sb) déterminés, j’ai utilisé un dipôle replié pour ramener plus facilement l’impédance à une valeur qui me convenait. Bien sur, il est tout à fait possible d’utiliser un balun pour adapter les 15 ohms d’une config classique à 50 ohms, mais cette solution de connexion directe me paraissait élégante. En revanche, elle complexifie un peu le système de support du radiateur, mais pas tant que cela si l’on est un peu malin :) Les détails dans un prochain post.
Mon antenne LogYagi à 8 éléments dispose d’un angle d’ouverture de 46° (à -3 dB) et d’un Q = 16 (à -3 dB). C’est un coefficient de qualité similaire à des antennes comme la DJ9BV ou la DL6WU. Voici les formules et les coefficients utilisés pour la LogYagi 144 :
SY F=144.5
SY V=299.793
SY L=V/F
SY Pa=1.385954578672776e-01
SY Pb=7.942389944522506e-02
SY Sa=-3.664870277592916e-02
SY Sb=4.674253482916438e-01
SY pD1=Pa*log(1)+Pb
SY pD2=Pa*log(2)+Pb+pD1
SY pD3=Pa*log(3)+Pb+pD2
SY pD4=Pa*log(4)+Pb+pD3
SY pD5=Pa*log(5)+Pb+pD4
SY pD6=Pa*log(6)+Pb+pD5
SY pDE=-5.730562999036868e-02
SY pRE=-1.961730176684457e-01
SY sD1=Sa*log(1)+Sb
SY sD2=Sa*log(2)+Sb
SY sD3=Sa*log(3)+Sb
SY sD4=Sa*log(4)+Sb
SY sD5=Sa*log(5)+Sb
SY sD6=Sa*log(6)+Sb
SY sDEh=3.921047307545338e-01
SY sDEv=2.858871838259792e-02*2
SY sRE=4.956823721509856e-01
SY sec=0.002
Note: Une telle précision sur les coefficients n’est pas nécessaire, c’est juste que j’ai fais un copier/coller :)
Si plus de directeurs sont nécessaires, il suffit juste rajouter quelques lignes en changeant les index. Voici à présent les dimensions physiques pour une antenne ajustée sur 144.5 MHz :
Antenne LogYagi 144 MHz, 8 éléments (dimensions en CM. positions absolues)
Role Position Taille
--------------------------
Refl 0.000 102.838
Driver 28.811 199.966 (dipôle replié)
Dir1 57.178 96.976
Dir2 93.587 91.706
Dir3 141.655 88.624
Dir4 197.995 86.436
Dir5 260.751 84.740
Dir6 328.750 83.352
Détail pour l'élément rayonnant (dipôle replié) :
Diamètre coude = 11.862
Longueur 1 coude = 18.633
Longueur droit = 81.350
Longueur totale = 199.966
Vous trouverez ici un fichier Excel détaillant l’extraction des données du .OUT de 4nec2.
Je donne également quelques analyses pour la version dipôle simple qui a servie à déterminer les coefficients. L’impédance au centre est d’environ 15 ohms, ce qui n’est pas très loin de 12.5 ohms pour une adaptation facile par un balun 4:1. Je n’ai pas cherché à faire tomber l’impédance sur 12.5 ohms car je comptais utiliser un trombone, mais cet exercice n’est pas impossible. Voici quelques graphiques qui sont très proches :
Pour finir, voici les fichiers sources 4nec2 pour le modèle paramétré de ma LogYagi : (Note : ces modèles ne tiennent pas compte de l’influence d’un boom métallique)
Pour conclure, cette étude était intéressante à réaliser mais très chronophage :) J’aurais cependant le plaisir de trafiquer avec ma propre antenne. Prochainement, je ferais quelques tests de sensibilité aux masses environnantes et des calculs sur l’influences du boom. Je ferais aussi un post sur un groupement de 4 antennes LogYagi 7 éléments. Ensuite, direction l’atelier ! :)
Pour mes simulations d’antennes, j’ai utilisé à plusieurs reprises le logiciel 4NEC2. Il est très abouti, reconnu dans le monde amateur et a largement été utilisé. Ceci dit, lorsqu’on utilise ce type d’outil, il reste toujours un delta entre le modèle et la réalité. Cette différence est souvent liée aux compromis effectués, mais on aussi poser la question de la qualité de prédiction du simulateur. Bien que je ne doute pas de la renommée de 4NEC2 (il a largement été utilisé avec succès pendant de nombreuses années), je me suis amusé à confronter ses résultats avec ceux de FEKO, un logiciel professionnel de simulation électromagnétique qui vaut dans les 25 000 dollars.
Pour ma comparaison, j’ai repris mon dernier modèle de Yagi-Uda 5 éléments avec répartition d’alimentation binomiale (cf. post précédent). D’une manière générale, les résultats sont proches. Le gain obtenu pour le lobe principal quasiment identique à 1 dB. Les lobes secondaires sont en revanche légèrement différents au niveau de la forme, mais les ordres de grandeurs sont les mêmes. Pas de mauvaise surprise donc, et c’est tant mieux !
Simulation du groupement d’antennes avec le logiciel 4NEC2 (mode de représentation graphique ARRL)
Simulation du même groupement d’antenne réalisé avec FEKO (une illustration alternative sympa est visible ici)
J’ai continué à explorer le logiciel et j’ai notamment testé les possibilités d’optimisation de structures. Sur ce point, FEKO dispose de petites options intéressantes. On peut par exemple définir un gabarit complexe pour un diagramme de rayonnement. C’est tout de suite plus intéressant qu’une optimisation avant/arrière ou avant/latérale car on évite ainsi les minimums locaux dans les diagrammes de rayonnement.
Création d’un masque (gabarit) utilisé par le système d’optimisation
Pour le test, j’ai demandé au système des lobes parasites inférieurs à -10 dB et un lobe principal à +15 dB. Après un petit paquet d’itérations, le logiciel m’a sorti une solution convenable. Voici quelques illustrations en images :
Pour économiser du temps de calcul, je ne réalise que les coupes intéressantes (ici la moitée des plans XY et XZ)
Vue 3D du résultat conforme aux spécifications – Quelques autres illustrations d’utilisation sont consultables ici et là.
Le logiciel permet également de réaliser des vidéos sympathiques. On peut voir évoluer un diagramme de rayonnement (2D ou 3D) en fonction de la fréquence, mettre la figure en rotation, et jouer sur la phase. Cette dernière possibilité est intéressante d’un point de vu didactique pour l’analyse des champs proches. On peut ainsi visualiser la création des ondes et les effets qu’introduisent les éléments parasites. Voici trois vidéos réalisées sur le groupement d’antenne testé :
J’en profite pour signaler qu’une version gratuite est disponible (utilisation pour un usage non commercial) : FEKO Lite. Cette édition est limitée en nombre d’objets et en mémoire, mais si l’on se restreint aux modèles filaires (comme sous NEC), on peut déjà faire pas mal de choses. Les curieux peuvent déjà voir ici l’interface principale du logiciel.
Pour conclure, 4NEC2 reste un super outil pour faire du prototypage rapide. Mais comme toujours, avec un panel de logiciels, on peut aller plus loin.
Récemment, l’excellent article “Groupement d’antennes Yagi-Uda, Une approche différente par distribution Binomiale” de F6EVT et F6TEM à éveillé ma curiosité et j’ai ressorti mes vielles modélisations et simulations 4nec2. Cette distribution de puissance suggérée est très intéressante et offre des diagrammes de rayonnement vraiment propres pour une très légère perde de gain en contrepartie (1.5 dB observé dans mon étude).
J’ai adapté mon modèle originellement axé sur le 2.4 GHz vers du 144 MHz, historie de comparer les résultats avec des références existantes et le travail des auteurs. Bon/mauvais, mieux/moins bien, je me garde bien de faire quelque jugement que ce soit, vu que je n’ai aucune expérience du trafic sur ces bandes. Je m’amuse juste à faire quelques calculs, simulations et recherches d’optimisations.
Comme j’utilise un modèle paramétré, l’ensemble des dimensions de l’antenne est définie par quelques variables. Le modèle utilise comme auparavant une formule du type y=a*log(n)+b pour définir l’espacement entre les éléments ainsi que la taille des radians. Voici les deux fichiers paramétrés que j’ai écris (format Nec). Le premier avec un dipôle comme radiateur et le second utilisant dipôle replié :
L’adaptation 144 et les résultats des simulations en images :
Groupement de 5 antennes Yagi-Uda utilisant une distribution binomiale de puissance. Les dimensions des éléments et les espacements sont définis par une formule du type y=a*log(n)+b
Caractérisation de la réponse de l’antenne autour de 144
Diagramme de rayonnement de l’antenne. Les lobes verticaux sont quasi inexistants (intéressant pour le bruit de l’antenne en réception)
Plan horizontal
Et voici de nouvelles images pour la version avec trombone. On notera que la courbe du ROS est nettement plus adoucie autour de la fréquence de résonance (rien de plus normal).
L’autre groupement de 5 antennes Yagi-Uda avec des paramètres un peu différents pour le dipôle replié
Courbe plus adoucie pour cette version avec dipôle replié
Et une simulation pour l’antenne placée à 7.3m du sol (paramétré comme sol de qualité moyenne sous 4nec2)
La distribution binomiale est intéressante et je remarque en passant que des distributions similaires sont obtenues –naturellement– sur certaines antennes de part leurs structures géométriques. Une antenne Quados (cf. YU1AW) est, je trouve, une bonne illustration. La répartition des courants visibles lors d’une simulation met en évidence que la partie centrale est soumise à des courants plus importants que les extrémités. Il est bien entendu possible de configurer géométriquement l’antenne pour obtenir des répartitions homogènes sur tout les quads, mais le diagramme de rayonnement de l’antenne devient alors moins intéressant.
La mode actuelle étant à l’hybride (énergie/voiture), je me suis amusé à construire une antenne hybride quados/yagi dans l’espoir d’obtenir une simplification du système d’alimentation (en évitant ainsi une ribambelle de coupleurs utiles à la répartition des puissances). YU1AW utilise pour ces antennes UHF/SHF (dont Wifi) un plan de masse, ce qui est certainement la configuration idéale. Pour une antenne taillée sur 144, la largeur de ce plan de masse excéderait 2 mètre, ce qui représente une prise au vent folklorique… Voila pourquoi j’ai regardé ce que pouvait donner un réflecteur et directeur de part et d’autre de l’antenne. Ce mélange peut orthodoxe donne tout simplement une QUADOGI :) Ça marche, mais j’ai en contrepartie une complexification du système de fixation. En y réfléchissant un peu, on peut néanmoins la construire assez aisément.
Diagramme de rayonnement et répartition des courants (courants uniquement disponible ici)
Le gain est tout à fait raisonnable, l’ouverture relativement généreuse, plate et les lobes parasites très restreints. C’est certes moins bien qu’avec un plan de masse, mais intéressant tout de même. Je vais encore creuser un peu la problématique et essayer de sortir une petite vue sous Sketchup (Google). En même temps, je ne me fais pas d’idée, si cela ne se fait pas, il doit y avoir une bonne raison !
Sur le papier, c’est pas mal. Maintenant, je vois déjà les chevronnés du 144 m’attendre au tournant :p
Je me suis déjà amusé à concevoir quelques antennes Wifi et quelques antennes cadre pour le décamétrique. C’est je trouve une activité assez amusante et les outils de simulation (ex : 4Nec2) et de visualisation des phénomènes facilitent grandement la tache et la compréhension des phénomènes.
Le dernier exercice dans lequel je me suis lancé à été d’évaluer la faisabilité d’une antenne décamétrique petite puissance (QRP). Je manque cruellement de place pour déployer ce type d’aérien, aussi je n’envisage que des sorties en plein air pour tester mes constructions.
!!! ATTENTION !!! –> Avant de passer pour un bouffon, je tiens à préciser que je ne fais ici que jouer à concevoir une antenne –inabituelle–.
Je n’ai lu que peu de livres sur les antennes, mais je retiens entres autres du livre de A. Ducros (F5AD) et du livre de R. Brault et R. Piat (F3XY SK) que l’on peut négliger l’effet du sol ou d’une masse à partir de 5 fois la longueur d’onde de résonance de l’antenne. Pour mes antennes Wifi, c’était hyper fastoche. Avec 2.4 GHz et une longueur d’onde d’un peu plus de 12 cm, le fait de la mettre au bout d’un tube PVC fixé sur un pied d’appareil photo résolvait le problème.
Si maintenant je veux concevoir une antenne ajustée à 14 MHz, soit la bande des 20 mètres, les choses se compliquent notablement au niveau de l’infrastructure. La taille de l’élément rayonnant est en elle même imposante, la distance à laquelle il faudrait mettre cette antenne du sol l’est encore plus…
Par ailleurs, pour la conception de mon antenne, je vise des angles de départ bas sur l’horizon afin de favoriser les liaisons longues distances (DX). [ ah, toujours aller le plus loin possible... A noter qu'en Wifi, ce n'est pas le cas, le but étant juste d'arriver au hotspot le plus proche :) ] Par rapport à ceci, le sol déforme le diagramme de rayonnement de l’antenne et si je la place trop près du sol, j’aurai tendance à taper la lune plutôt que l’horizon (sans parler des problèmes de pertes dus à l’absorption). Le EME, c’est pour un autre chapitre :)
Toujours dans ces mêmes bouquins et de mémoire, le fait de mettre une antenne à 3 longueur d’ondes du sol serait acceptable par rapport au but recherché.
Je seul –truc– qui me soit venu à l’esprit pour la fabrication de cette antenne à été le ballon gonflé à l’hélium, qui tracterait un fil relativement fin (QRP) et son feeder. Un rapide calcul nous amène à 3 x 20 mètres pour le feeder et 10 mètres pour l’élément rayonnant. Oui, 70 mètres de haut pour un antenne avec un gros joli ballon accroché au bout :)
Bon admettons… Voyons la crédibilité de la réalisation et ensuite les questions légales.
Avant toute chose, commencer par tailler correctement l’antenne. Pour ceci, j’ai commencé à faire des calculs un peu plus précis avec une longueur d’onde de 14,05 MHz et je suis passé à l’affinage avec un logiciel de simulation. Place aux illustrations qui remplaceront beaucoup de blabla.
Vue 3D de l’antenne et son feeder
Sur cette capture d’écran, on peut voir l’antenne en 3D avec les courants circulant dans les fils. Du bas jusqu’au 6/7 de l’antenne se trouve le feeder, composé de deux fils parallèles. Cette partie ne rayonne pas et l’on peut le constater à la vue des courants en opposition de phase. Tout en haut se trouve l’élément rayonnant d’une demi longueur d’onde. A noter que j’alimente l’antenne en intensité à la base, en basse impédance. Aussi, j’ajoute un quart de longueur d’onde à mon feeder afin d’alimenter mon antenne demi-onde par une extrémité, c’est à dire en tension, en haute impédance.
Bref, très simple. Des chiffres maintenant :
longueur du feeder : 69.5 m
longueur de l’élément rayonnant : 9.40 m
Si je veux tracter tout ceci en hauteur, la question est déjà de connaître le poids de l’installation. Admettons que je prenne un câble qui ait ces propriétés :
Matière : Cuivre
Section : 0.2mm²
Résistance : 0.09048 ohms/m
Masse : 1.59 g/m
La longueur totale de câble utile est : (2 . 69.5 ) + 9.40 = 148.4, disons 150 mètres. Ce qui nous donne une masse de 238.5g. (en négligeant pour le moment le système de maintien et d’écartement des conducteurs du feeder)
Apparemment pas très lourd, voyons quelle quantité d’hélium il nous faut pour lever tout ceci. Mon ami Wiki me renseigne quant-aux masses volumique d’air et d’hélium :
Comme je ne veux pas que sustenter mon antenne et que je veux aussi un effort de traction vertical, je vais à la louche appliquer un ratio de 2/3. Je ne suis pas expert en ballons et il y a certainement moyen d’optimiser en trouvant des infos sur des sites Web concernant la météorologie ou dans des radio-clubs qui font des lâchés de ballons météo.
Je peux donc lever 0.8g par litre d’hélium, à ce compte, il me faudra 298 litres de ce fameux gaz. Au final, je devrais utiliser un ballon d’une circonférence de 83 cm.
Ce –petit– ballon commence à se rapprocher des ballons utilisés en météo :) [Un petit article Wiki sur les ballons sonde ici] Une masse supplémentaire est à ajouter pour le nylon de symétrie et le système d’écartement du feeder (certainement du scotch fin), mais je pense que c’est réalisable.
Si la fabrication de ce type d’aérien est très peu onéreuse, en revanche, chaque déploiement peut vite coûter très cher. Le prix de l’hélium au litre n’est pas donné… Aussi, on peut le remplacer par du dihydrogène moins cher et facile à produire par hydrolyse. Le dihydrogène est encore plus léger mais il est inflammable, ce qui nécessite des précautions de sécurité. En même temps, je ne suis pas non plus entrain de concevoir un Zeppelin !
Voyons un peu les principales caractéristiques de l’antenne en se basant sur la simulation.
Diagramme de rayonnement de l’antenne
Diagramme de rayonnement, vue en 3D
Courbe du ROS de l’antenne pour le début de la bande des 20m
Le gain monte jusqu’à 7 pour un sol médiocre avec un angle de départ de 86° (donc très proche de l’horizontale) en gardant un ROS tout à fait acceptable. C’est donc pas mal pour du DX. Cependant, en sacrifiant quelques dB, je pense que l’on doit pouvoir trouver dans la littérature des antennes beaucoup plus faciles à réaliser et à installer. Mais bon, c’est ma petite étude et je poursuis dans cette voie.
L’optimisation de l’antenne est un travail intéressant, mais pas aussi facile que je le pensais à la base. Rajouter quelques longueurs à l’élément rayonnant ferait effectivement augmenter le gain, mais pas nécessairement dans la direction qui m’intéresse, à savoir l’horizontale. Côté technique passionnant avec encore pas mal de chose à creuser…
Bon, il reste encore une question importante : celle de la légalité. Peut-on monter une antenne provisoire de 80 mètres de haut sans se faire arrêter par la gendarmerie ? :) J’ai bien trouvé des articles sur la réglementation pour des installations d’amateur fixe, mais concernant les installations temporaires, pas grand chose. Certains radio-amateurs utilisent des cerf-volants à plus de 150 mètres de haut. J’ai également trouvé des liens pour ce type d’antennes sur la page de F5AD. Je vais encore gratter un peu, mais si je ne trouve pas, j’irai certainement contacter l’ANFR (Agence nationale des fréquences).
80 mètres, ça peut paraître haut, mais c’est une rigolade face aux antennes professionnelles utilisées pour la radio-diffusion. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter quelques articles sur le Wiki (ici, ici et ici)
Dans les quelques posts qui vont suivre, je vais essayer de décrire la conception et la réalisation des quelques antennes Wifi que j’ai déjà fabriqué.
Ma première étude concerne les antennes yagi, aussi appelé beam ou plus communément “antenne râteau”. C’est un modèle d’antenne directionnelle que tout le monde connaît et à déjà vu au moins une fois car il y en a tout un tas sur nos toits pour la réception analogique de la télévision.
J’ai cherché sur le net (Google est ton ami ?) et on trouve pas mal de descriptions de réalisations amateurs et de déassemblage d’antennes pro [1], [2], [3], [4], mais je n’ai pas réussi à faire la synthèse des règles à observer pour la construction de ces antennes. Selon les sources, on trouve des éléments contradictoires, sans pour autant qu’une ou l’autre configuration soit mauvaise.
J’ai aussi trouvé pas mal de programmes pour calculer des antennes yagi avec tout autant de paramètres codés en dur non expliqués. Le site de K7MEM propose une page en JavaScript très bien faite pour réaliser automatiquement ces calculs. Cependant, je ne peux me résoudre à appliquer les formule magique de DL6WU ou de l’ARRL (The ARRL Antenna Book). OK, je n’ai pas lu ce livre et des explications sont peut-êtres données, mais entre temps, j’ai trouvé un autre joujou vachement rigolo : la simulation numérique.
Certe résoudre un problème en brut-forçant toutes les possibilités n’est pas la méthode la plus élégante, mais la simulation numérique est en elle même intéressante et j’ai commencé par là. Couplé à une interface 3D cela permet également de rapidement comprendre les phénomènes électromagnétiques.
Après avoir essayé toute une tripotée de logiciels, j’ai retenu 4NEC2 (For NEC too). C’est une surcouche graphique pour le programme NEC fonctionnant en ligne de commande sous DOS. Dit comme ça, ça à pas l’air super, mais ce programme surclasse tout les autres dans la catégorie logiciel gratuit.
Voila quelques screenshots de la réalisation de mon premier prototype.
A noter que l’abaque de Smith est presque parfaite… pour une fréquence donnée… Sauf qu’un channel à une largeur de bande non nulle :) et que le spectre des 13 bandes Wifi s’étend globalement de 2.4G à 2.5G. Me voila donc bon pour recommencer mes petites simulations en tenant compte de ceci, et là, les résultats sont nettement mois spectaculaires. Les calculs, la réalisation et les tests prochainement !
This blog follows my radio experiments and my circuits design, focused on SDR technology. No rocket science promises here, just my errands in this domain. Hope you'll appreciate them.